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  • Dimanche 19 juin 2011, Temple de Malagnou

          Didier Godel, " Paraphrase de psaume CXLV"

  • Dimanche 22 mai 2011, au Victoria Hall

          Hermann Suter, "Le Laudi di San Francesco d'Assisi"

C'est l'un des plus beaux oratorios du répertoire choral, écrit de surcroît par un compositeur suisse, "Le Laudi di San Francesco d'Assisi" de Hermann Suter (1870 -1926), que la Société de chant sacré de Genève a mis au programme de son concert du dimanche 22 mai 2011 à 19 h. au Victoria Hall. Cette page fastueuse, qui fait appel à un grand chœur, un chœur d'enfants, quatre solistes, orchestre et orgue, avait été écrite en 1924 pour le centenaire de la société sœur du Gesangverein de Bâle dont Suter était directeur: beau cadeau d'anniversaire!

Le caractère festif de cet oratorio apparaît d'un bout à l'autre; l'auteur a su concilier une écriture post-romantique généreuse avec le caractère épuré du texte de Saint François d'Assise. Les styles de Brahms et Liszt y sont souvent évoqués, sublimés par le langage de Suter, inventif, original, qui illustre chaque épisode, qu'il soit grave, recueilli, joyeux, exubérant, avec les moyens musicaux les plus efficaces et les plus convaincants. Toute la création, le soleil, la lune, les étoiles, le vent, l'eau, le feu, la terre, et même la mort, sont prétexte à une louange fervente et lumineuse.

Pour cette page rayonnante, les meilleurs interprètes se sont donné rendez-vous: Sabina Martin, soprano, Carine Séchaye, alto, Valerio Contaldo, ténor, Michel Brodard, basse, L'Orchestre de Chambre de Genève, un Chœur d'enfants du Conservatoire de musique, et la Société de chant sacré dirigée par Didier Godel, dont ce sera la dernière prestation en tant que directeur du chœur après 34 ans d'activités.

Didier Godel

  • Dimanche 21 novembre 2010, 17 heures, à l'Eglise Ste-Croix de Carouge
    Dimanche 28 novembre 2010, 17 heures, à l'Eglise St-Martin de Vevey

    J.-S. Bach, Cantate 102, "Herr, deine Augen sehen nach dem Glauben"

    F. Martin, "Cantate Domino"

    A. Blanchard, "Beati omnes", ps. 127

    P. Cornelius, Requiem "Seele, vergiss sie nicht"

  • Vendredi 18 juin 2010, au Victoria Hall
    Vicomtesse Clémence de Grandval, Stabat Mater

  • Mardi 30 mars 2010 à la Cathédrale
    Johann Sebastian Bach, Kantate BWV 126 "Erhalt uns, Herr, bei deinem Wort"
    Peter Cornelius, Requiem "Seele, vergiss sie nicht"
    Theodor Fröhlich, Passions-cantate

    Ce concert s'inscrit dans le temps liturgique de la Passion.

    Bach y figure comme précurseur, puisque la cantante BWV 126 est écrite pour la Sexagésime (6 dimanches avant Pâques). C'est une page colorée et dense, introduite par un choeur qu'emmène une trompette flamboyante.

    "Requiem" de Peter Cornelius (1824-1874) ne met pas en musique le texte liturgique traditionnel, mais le poème de Friedrich Hebbel (1813-1863), au climat morbide et désabusé. La musique s'y décline en des chromatismes âpres, des harmonies tourmentées, des atmosphères oppressantes qui ne s'épurent qu'à la toute fin de la pièce.

    Le coeur de ce concert de la Passion, c'est la "Passions-Cantate" de Theodor Fröhlich. Ce compositeur argovien (1803-1836) avait fait des études musicales à Berlin où il a pu entendre, en 1829, la Passion selon St-Matthieu de Bach dirigée par Mendelssohn. Sa propre Passion, sur un livret de son frère Abraham Emmanuel, en porte les influences, mais suit un plan original, qui va jusqu'au matin de Pâques, habillé par une musique qui n'a rien à envier au meilleur de Schubert ou de Mendelssohn. Cette passion n'a jamais été reprise depuis sa création, le 1er avril 1831 à Aarau, et elle a fait l'objet d'une édition complète à cette occasion.

    Didier Godel

    Dimanche 21 juin 2009 temple de Malagnou, Psaume 88, de Didier Godel
  • Dimanche 7 juin 2009, Victoria Hall
    Ernest Bloch, Service sacré / Frank Martin, Requiem

    À notre connaissance, la première page n’a plus étéjouée en Suisse romande depuis sa création à Lausanne en 1973 et sareprise à Genève (par la Société de chant sacré dirigée par SamuelBaud-Bovy) en 1976. Quant à la seconde, elle a été donnée àGenève en 1977 (par les mêmes interprètes) et à Neuchâtel (par FrançoisPantillon) il y a une quinzaine d’années.

    Leur exécution, en 2009, a tenu  lieu de première audition pour toute une génération de musiciens et de mélomanes.

    Ernest Bloch et Frank Martin sontnés à Genève l'un et l'autre à dix ans d'intervalle. L'un et l'autreont eu droit à une rue (pas une grande avenue, bien sûr, mais une vraierue, avec un numéro postal). L'un et l'autre ont fait leurs études debase à Genève, ont enseigné quelque temps au Conservatoire de musique,et ont été marqués par un autre musicien, compositeur et pédagoguegenevois: Émile Jaques-Dalcroze. L'un et l'autre sont devenus descompositeurs d'envergure internationale. On pourrait multiplier lescomparaisons. Mais la confrontation de ces deux pages permet surtout decerner deux façons originales d'aborder la musique spirituelle en pleinvingtième siècle.

    Ernest Bloch était d'origine juive; safamille était établie à Lengnau, en Argovie, et s'est installée àGenève en 1832. Sous l'ancien régime, les juifs n'étaient en effettolérés en Suisse que dans quelques rares communes, dont celle-ci. Pourl'anecdote, on rappellera que le roi Victor-Amédée, lors de la créationde la Ville de Carouge, en 1796, autorisa les juifs à s'y installer (cequ'atteste notamment le cimetière juif de Carouge), et que c'est uncarougeois, Nathan Bloc, violoniste, (sans lien de parenté attesté avecErnest Bloch) qui devint le premier directeur du Conservatoire demusique lors de sa création en 1835.  

    Ernest Bloch n'était paspratiquant; il n'avait que des liens basiques avec la religion, tellesquelques mélodies typiques que lui chantait son père. Toutefois, au furet à mesure de son avancement dans l'existence, il a pris conscience desacré hébraïque, en 1929, est venue concrétiser un très ancien souhaitd'écrire son appartenance à une religion, à un peuple. Et la commanded'un service une page religieuse qui ne soit pas le simple œuvre decirconstance, mais qui exprime de façon plus fondamentale l'attache del'humain à sa foi; un service sacré qui ne soit pas exclusif d'un rite,mais qui puisse rassembler les attentes de toute l'humanité. L'octroid'une pension sur dix ans par une généreuse fondation américainepermettait de surcroît à Ernest Bloch, alors très actif directeur deconservatoire en Californie, de rejoindre ses chères montagnes suisseset d'y écrire sa musique en toute sérénité.

    Bien que ne comportant qu'une seule brève citation du répertoire liturgique juif (le Zur Israel, à la fin de la 1e partie), ce Service sacréest tout empreint, par sa syntaxe, sa modalité, son langage, decouleurs et de saveurs originales qui suggèrent l'image d'une musiquejuive caractéristique. Mais il reste d'une invention entière et permetau compositeur de guider son discours au plus près de ses options enconfiant à son œuvre un message qui va au-delà des exclusivités desreligions. 

    Le Service sacré a été créé à Turin en 1934; à Genève, la Société de chant sacré l'a chanté en 1977, sous la direction de Samuel Baud-Bovy.

    Frank Martinétait de tradition protestante. Son intention de mettre en musique letexte catholique du Requiem ne tenait pas non plus à une intentionliturgique. Impressionné, en hiver 1971, par quelques sites en rapportavec le sentiment religieux (la place St Marc de Venise -sanstouristes-, les temples antiques de Pæstum, la basilique de Monreale,en Sicile) il avait conçu le dessein d'exprimer, au travers du texte dela Messe des morts, un peu du mystère qui relie l'humain au divin.C'était un projet auquel il avait déjà souvent pensé mais sans avoir lamotivation de s'y atteler. Une semblable attitude de recherched'exprimer spontanément, par la musique, ce mystère, l'avait déjà guidélors de la composition de la Messe à double chœur a capella, en 1923,et de l'oratorio Golgotha, en 1945.

    Dans ce Requiem, lamort n'est pas l'ennemie qui vous guette au long des jours, mais l'amiequi vous attend au bout du chemin. Et tout le contenu musical estmarqué, sans s'attacher aux aspects anecdotiques du texte qui ont sibien motivé tant d'autres compositeurs, par le respect, l'adoration, laferveur, pour déboucher dans la pleine lumière de l'éternité. FrankMartin qui, tout au long de son cheminement de compositeur, s'étaitforgé un langage très personnel, déploie dans cette page une virtuositéd'écriture qui intègre les composantes les plus diverses, du canon à lasérie dodécaphonique, mais avec une référence à la tonalité qui resteprépondérante et confère à sa musique une expressivité toujoursaccessible.  

    Le Requiem a été créé à Lausanne en 1973; la Société de chant sacré de Genève l'a chanté en 1976, sous la direction de Samuel Baud-Bovy.

    C'estdire qu'en regroupant deux œuvre qui n'ont plus été jouées à Genèvedepuis une génération, ce concert propose la confrontation passionnantede deux personnalités musicales affirmées, dans deux attitudesparallèles où chaque compositeur essaie d'exprimer à sa manière un peudu mystère de la foi et de l'espérance.

    Didier Godel

  • 2 novembre 2008 Eglise Ste-Thérèse Entre psaumes et requiems

    Paschal de Lestocart (1539-1584)           Octonaire des vanités du monde, 2 motets
    Claude Lejeune (1528-1600)                   Psaume 23
    Jan Dismas Zelenka (1679-1745             4 répons du Vendredi Saint
    Marc-Antoine Charpentier (1636-1704)   Messe des morts à 4 voix »,  chœur et sol.
    Didier Godel                                             Ego dormio, extrait du Cantique des Cantiques
    Erich Lauer                                              Laudate Dominum

Entre psaumes et requiem

Les Concerts de Ste Thérèse nous ont accueillis le dimanche 2 novembre dans leur série d'automne. Ce dimanche est, dans la liturgie catholique, le Dimanche des Morts. Pour les réformés, c'est le Dimanche de la Réformation. Sans aller chercher plus loin dans le calendrier des églises orthodoxe, copte, chaldéenne ou proto-syriaque, notre concert met à profit cette coïncidence pour juxtaposer deux répertoires, réformé et catholique, en les complétant de discrètes touches romantique et contemporaine.

Les deux motets de Paschal de L'Estocart sont construits sur des textes poétiques libres; le premier ("Où est la mort?") propose un clin d'œil au Jour des Morts de la liturgie catholique. Il est conçu autour d'une phrase obstinément répétée par le soprano, tandis que le second motet est d'une facture plus libre.

Les trois versets du psaume 23, de Claude Le Jeune sont en revanche écrits autour de la mélodie genevoise propre à  ce psaume, en la proposant chaque fois à une voix différente. Le style de ces musiques est celui de la Renaissance (la période de la Renaissance, en musique, ne correspond historiquement pas à celle de la peinture ou de l'architecture, comme si les musiciens avaient mis plus de temps à en assimiler les bases), avec son harmonie modale qui ne connaît guère les modulations et entretient un climat monochrome, mais qui laisse à la subtilité des contrepoints l'animation de la trame musicale. Ces musiques n'étaient en principe pas destinées à un chœur, car de telles formations n'existaient pas; ce sera le défi de notre restitution chorale de reproduire la souplesse et la légèreté d'un groupe de chanteurs solistes.

C'est à une autre pratique musicale que ressortissent les œuvres de Zelenka et de Charpentier, puisqu'il ne s'agit pas de musiques destinées à un usage privé, mais aux musiciens professionnels entretenus par une cour royale.

Pour Jan Dismas Zelenka, il s'agit de la cour de Dresde. Ses répons pour le Vendredi-saint, célébrant la mort du Christ, sont assurément d'actualité pour le Jour des Morts. Il s'agit de motets divisés en diverses séquences, tantôt dans un langage fugué, tantôt plus homophone, qui font alterner chœur et solistes. Un accompagnement instrumental, avec cordes et cuivres, est possible, mais l'exécution a capella rend parfaitement l'atmosphère de dépouillement et d'intériorité qui sied à ces pages.

Pour Marc-Antoine Charpentier, il s'agit de la cour du Dauphin, ou de la Sainte-Chapelle, ou d'une riche paroisse parisienne. Le langage de Charpentier est plus strict, moins imagé dans sa polyphonie, mais très expressif dans ses couleurs harmoniques. Cette Messe des morts ne comporte que trois des cinq éléments de la messe traditionnelle (pas de Gloria ni de Credo), mais s'enrichit du psaume 129 en entier (le De profundis) et de quelques éléments de la messe de Requiem, comme le Pie Jesu, proposé à l'élévation, ou l'introït Requiem æternam qui vient en conclusion.

Les deux pièces brèves prévues en conclusion doivent apporter une note plus tonique:

Ego dormio (texte du Cantique des cantiques) de Didier Godel exploite notamment le potentiel de la gamme par tons entiers, tandis que le

Laudate Dominum d'Erich Lauer apporte, par son écriture en clusters, une vibration harmonique pleine d'ambiguïtés et d'interrogations, qui trouve sa résolution dans des séquences vives à la tonalité épurée.   

Didier Godel


  • 21 septembre 2008 Eglise St-François, Lausanne
    Finale du concours de composition chorale "Label Suisse"
    Didier Godel     Ego Dormio

  • 29 mai 2008   Victoria Hall

    HONNEUR AUX COMPOSITRICES !

Fanny Hensel - Mendelssohn (1805 - 1847) Cantate Lobgesang pour soli, choeur et orch.
Amy Beach (1867 - 1944)  The Canticle of the Sun (St-François d'Assise) pour soli, choeur et orch.
Fernande Peyrot (1888 - 1978)  Messe pour soli, choeur et orch.
Elsa Barraine (1919 - 1999)  Les Paysans, pour soli, choeur et orch.

Avec
Priscille Laplace, sopran; Nina Amon, alto; Laurent Dami, ténor; Claude Darbellay, basse
et L'Orchestre de Chambre de Genève


Pendant longtemps, la musique écrite par des femmes a passé pour une activité exceptionnelle, voire anecdotique, jusqu’à ce qu’on réalise qu’il s’agit en fait d’une production importante, mais occultée par les usages des sociétés des temps jadis, où le rôle de la femme était relégué à d’autres activités, et où le fait d’écrire de la musique était contraire aux bons usages, voire aux bonnes mœurs. Aujourd’hui, de tels préjugés ne sont plus de mise, mais les œuvres musicales écrites par des femmes tardent à sortir des tiroirs ou des bibliothèques où elles ont été enfouies.


  • La première est Fanny Hensel (1805 - 1847), sœur de Felix Mendelssohn, dont la cantate Lobgesang (1831) est construite sur des textes bibliques. Le discours y affiche la même veine romantique que chez ses contemporains, mais avec d‘autres proportions que dans la symphonie-cantate homonyme composée par son frère; Fanny Hensel aborde le texte biblique avec délicatesse (elle commence par une introduction pastorale), tout en mettant à profit les meilleurs procédés d’écriture, y compris la citation d’un choral.
  • La Française Elsa Barraine (1910 - 1999), qui fut élève de Paul Dukas au Conservatoire de Paris, titulaire du Prix de Rome, a écrit en 1958 une cantate intitulée Les paysans sur un texte d’André Frenaud (lire ici la transcription). Le chœur y est employé dans une sorte de grand récitatif souple et imaginatif qui sert de cadre à cette page au caractère obsédant et résigné.
  • La Messe de Fernande Peyrot (1888 - 1978) (photo) a été créée lors de la Fête des musiciens suisses à Lausanne en 1918. La compositrice genevoise y met en œuvre une écriture sobre, souvent modale, qui lui autorise aussi bien les effets d’intériorité que ceux d’une intensité soutenue. Cette page n’a jamais été reprise depuis sa création et a nécessité une édition entièrement nouvelle.
  • Dernière compositrice de ce quatuor: l’Américaine Amy Beach (1867 - 1944) qui a mis en musique le Cantique de la création de Saint François d’Assise sous le titre The Canticle of the Sun. C’est une page colorée, au langage romantique, mais marqué d’une modernité et d’une invention qui ont fait le succès de cette œuvre outre-atlantique dès sa création (avec orgue en 1928, avec orchestre en 1930).

  • 16 décembre 2007           Cathédrale St-Pierre, Genève

J.S. Bach     Cantate BWV 50         
                    Oratorio de Noël, Cantates IV - V - VI


  • 17 juin 2007     Victoria Hall, Genève

Quatre bijoux romantiques

Franz Grast (1803-1871)             Jéhova!
Hermann Goetz (1840-1876)       Nenie
Johannes Brahms (1833-1897)    Nänie                 
Robert Schumann (1810-1856)    Des Sängers Fluch

  • 26 novembre 2006     Eglise Ste-Croix Carouge
  • 3 décembre 2006       Eglise St-Martin, Vevey

Haendel    Athalia